Surcharges dans les taxis : le poids de trop qui tue (l’intégrité est la meilleure ceinture de sécurité)
Surcharges dans les taxis : le poids de trop qui tue
Sur nos routes, la surcharge de passagers devient un fléau silencieux. Entre recherche de profit, tolérance coupable et petits arrangements illicites, la sécurité des voyageurs et l’intégrité du système routier sont gravement menacées.
Les moteurs grondent, les passagers se pressent, les taxis s’alignent. L’image est familière. Mais derrière cette scène quotidienne, une pratique dangereuse s’impose : la surcharge de passagers.
Il n’est pas rare de voir des véhicules conçus pour cinq personnes en transporter six, voire sept. Une entorse flagrante au Code de la route, devenue presque ordinaire sur plusieurs axes du pays.
Une infraction banalisée, souvent couverte par la complaisance
Sous prétexte de rentabilité, certains conducteurs bravent les règles élémentaires de sécurité.
“Le carburant coûte cher, il faut bien faire tourner le moteur”, confient-ils parfois. Mais ce raisonnement économique masque une réalité plus grave : la surcharge met des vies en danger et affaiblit la discipline routière.
En cas d’accident, la surcharge amplifie les risques de blessures, complique les secours et dégrade la fiabilité mécanique des véhicules.
Et quand, à un poste de contrôle, un billet de banque s’interpose entre la loi et la conscience, la corruption routière vient verrouiller le cercle vicieux : infraction – indulgence – récidive.
La responsabilité n’incombe pas qu’aux conducteurs. Par impatience, habitude ou ignorance, les passagers acceptent souvent de monter dans des véhicules déjà surchargés.
“Je préfère être serré que d’attendre le prochain départ”, entend-on souvent. Pourtant, chaque place de trop peut devenir une vie en moins. Refuser un taxi surchargé, c’est un geste citoyen, une manière concrète de dire non à la corruption et à l’imprudence.
Les contrôles routiers ont pour but de protéger, non de punir. Mais leur efficacité repose sur l’intégrité des agents et la rigueur des conducteurs.
Fermer les yeux sur une surcharge en échange d’un billet, c’est trahir la mission de service public et compromettre la sécurité collective. À l’inverse, refuser la corruption, c’est redonner force à la loi et crédibilité à la fonction.
Le HCPC encourage les forces de sécurité, les services de transport et les syndicats de conducteurs à renforcer la vigilance, à sanctionner sans complaisance et à promouvoir la culture de l’exemplarité.
La lutte contre la surcharge et la corruption routière ne vise pas à opposer, mais à rassembler :
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Le conducteur, gardien de la vie de ses passagers ;
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Le voyageur, acteur de la sécurité collective ;
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L’agent, garant de l’État de droit sur la route.
Chacun détient une part du changement. Ensemble, ils peuvent transformer la route en un espace de sécurité, d’intégrité et de respect mutuel.
Refuser la surcharge, refuser la corruption, c’est sauver des vies !
Un trajet sûr vaut mieux qu’un véhicule plein à craquer.
Une main propre vaut mieux qu’un billet rapide.
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