Le retard chronique : une petite corruption qui fait de grands dégâts.


Le retard chronique : une petite corruption qui fait de grands dégâts.


Dans la lutte contre la corruption, les projecteurs sont souvent braqués sur les grands scandales financiers ou les abus flagrants de pouvoir. Pourtant, les comportements quotidiens, apparemment anodins, jouent un rôle tout aussi déterminant. Le retard chronique au travail, qu’il soit dans l’administration publique ou dans le secteur privé, en est un exemple emblématique.

La Convention des Nations Unies contre la Corruption (CNUCC), invite les États à promouvoir des valeurs d’intégrité, de responsabilité et de transparence dans tous les secteurs de la société. L’éthique du temps, en tant que ressource partagée, en fait pleinement partie.


Le temps de travail est un bien d’intérêt collectif

Dans le secteur public, le temps de travail appartient à la Nation. Dans le secteur privé, il est une composante essentielle de la productivité, de la compétitivité et de la confiance entre employeurs, employés et clients. Dans les deux cas, le non-respect des horaires compromet l’efficacité, la crédibilité des institutions et la qualité du service rendu.

Lorsqu’un agent de l’État ou un employé du privé arrive systématiquement en retard, c’est l’ensemble du dispositif organisationnel qui se fragilise. Ce retard, s’il devient culturel, entraîne une cascade de conséquences : files d’attente interminables, projets retardés, réunions inutiles, frustration des usagers et des partenaires, désengagement collectif.

Le retard: une micro-corruption trop souvent banalisée

Le retard chronique, lorsqu’il s’installe dans les habitudes, constitue une forme de corruption du comportement professionnel. Il ne s'agit pas ici d’accusation, mais d’un appel à la conscience collective : détourner le temps de travail, c’est détourner une part de l’engagement que l’on doit à la structure, à ses missions et à ceux qu’on sert.

Une dynamique béninoise de transformation éthique

Le Bénin s’est engagé, à travers plusieurs réformes et politiques publiques, dans une voie de modernisation et de professionnalisation de la gestion publique comme privée. La mise en œuvre d’un cadre national de gouvernance éthique appelle chaque acteur – fonctionnaire, chef d’entreprise, cadre, ou salarié – à faire de la ponctualité une exigence morale autant qu’un réflexe professionnel.

Des entreprises prennent d’ailleurs de plus en plus conscience que l’intégrité ne concerne pas seulement les finances ou la lutte contre la fraude, mais aussi la discipline, la gestion du temps et la qualité du climat de travail.

Qu’il s’agisse d’un service administratif, d’un cabinet médical, d’un atelier artisanal ou d’une entreprise de technologie, le respect des horaires est un marqueur d’intégrité et de sérieux.


Somme toute, l’anticorruption ne se limite pas à réprimer les grandes fautes. Elle commence par la valorisation des petits gestes qui, mis bout à bout, construisent une société plus juste, plus crédible et plus performante. La ponctualité est l’un de ces gestes simples, puissants, réplicables. Elle est l’un des fondements silencieux de la confiance. Adoptons-la, cultivons-la, transmettons-la ensemble.


CM/HCPC


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